Depuis cinq heures ce jeudi matin, les agriculteurs de la Loire sont présents avec une cinquantaine de tracteurs sur l’A72 à La Fouillouse. Cette action organisée par les Jeunes agriculteurs et la FDSEA du département s’inscrit dans le mouvement de grogne de la profession partout en France, alors que des alertes sont données depuis de nombreux mois, insiste Jean-Luc Perrin, le président de la FDSEA de la Loire.
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France Bleu Saint-Étienne Loire : Les revendications pour ce mouvement portent notamment sur les normes, trop nombreuses, trop contraignantes selon vous, mais avez-vous le choix sur le plan de la transition écologique par exemple ?
Jean-Luc Perrin : Il faut savoir que les agriculteurs depuis des années, nous avons fait un énorme progrès sur tout ce qui est domaine environnemental, notamment dans nos territoires d’élevage qui est le territoire ligérien. Certes, il y a encore des progrès à faire dans la décarbonation. Nous nous sommes fortement impliqués. Mais pour que tous ces progrès se fassent, ça passera par une juste rémunération de nos produits. Si on a un revenu décent et qu’on arrive à vivre de notre métier et que nos produits sont bien valorisés, on arrivera à plus emprunter l’aspect environnemental, décarbonation et tout ce qui va avec. Sachant qu’on est la première agriculture la plus environnementale du monde depuis cinq ans. Donc on n’a pas à rougir et il faut que ce domaine là, cela se fasse au niveau mondial. Si il n’y a que la France qui est fait le bon élève et que les autres pays, et notamment les grosses puissances, je pense notamment aux États-Unis, à l’Argentine, au Brésil, à l’Inde, aux Chinois, ne font rien dans ce sens là, malheureusement, on ne va rien changer. Je ne dis pas pas qu’il ne faut pas qu’on fasse, on y est, on est à l’oeuvre, mais il faut des accompagnements, des reconnaissances et surtout un revenu digne à nos agriculteurs.
Vous avez de nombreux soutiens dans la Loire, en France, mais ces soutiens qui sont aussi des consommateurs sont-ils là pour acheter vos produits ?
Oui il y a beaucoup de Français qui nous soutiennent et je les en remercie. Il faut qu’on écoute la France du bas. Il faut arrêter que toutes les décisions se prennent à Paris ou à Bruxelles. Il faut nous écouter. Il faut revenir dans le bon sens – on parle du bon sens paysan. Alors je représente les agriculteurs, mais il y a les autres professions qui gravitent autour et tout. Il faut revenir sur le terrain et écouter un petit peu ce qui se passe. C’est ce qui manque un peu aujourd’hui.
Avez-vous le sentiment de porter une parole plus large que celles des agriculteurs ?
C’est vrai, ce qui fait notre force avec notre organisation syndicale, la FNSEA et les JA, c’est que nous sommes regroupés en réseau et ça part de la commune au canton, département, région. Et ça monte et c’est comme ça que ça se passe. Notre base est hyper importante. Malheureusement aujourd’hui on bloque la France parce que tous ces dossiers dont on parle aujourd’hui, ça fait des mois, des années pour certains, que c’est sur le bureau du ministre, du Premier ministre et du président de la République. On fait remonter, mais malheureusement, il faut bloquer la France pour pouvoir commencer à ouvrir le dossier et regarder ce qu’on peut faire.
Mais pour vous faire entendre, faut-il vraiment bloquer les routes ? Pourquoi ne pas s’adresser directement aux services de l’État ?
Je m’excuse de causer des désagréments par rapport à cette journée. Nous avons décidé de le faire sur une journée, pas par trois jours. Mais malheureusement on a aujourd’hui que cette manière pour se faire entendre. Je le redis, je ne passe pas une semaine sans alerter le préfet sur nos sujets. Le préfet fait remonter, mais ça ne redescend jamais. De temps en temps je suis à Paris, et c’est nécessaire que nous, les gens de la base, du rural, on monte à Paris pour faire remonter. Mais il faut se mettre au boulot. Arrêter que ça descende toujours que de Paris et de Bruxelles, c’est que ces gens là n’ont aucune vision.
Et mener des actions sur des sites industriels comme la semaine dernière chez Lactalis à Andrézieux-Bouthéon, ça n’a pas d’impact ?
Les actions contre Lactalis, c’était ciblé. C’est vrai que c’est un industriel qui pour l’instant ne joue pas le jeu sur la fixation du prix de lait. Donc on est en train de lui tirer les oreilles pour qu’il rentre dans le rang et c’est ce qui fait notre force. Aujourd’hui, nous prenons un cran supplémentaire pour mettre une pression supplémentaire. On a fait remonter 40 revendications au Premier ministre. On lui a dit de prendre son temps, de ne pas nous annoncer des mesurettes.
Qu’attendez-vous du gouvernement aujourd’hui ?
C’est plutôt demain, que le Premier ministre prendrait la parole. Il ne faut pas s’attendre à un grand jour non plus. Enfin… ça va continuer. On aura un après crise. Donc il faut qu’on soit prêt aussi, il ne faut pas faire croire à nos agriculteurs que demain ce sera le grand jour. Surtout pas. Malgré tout, il faut qu’on travaille les dossiers. Il y a des dossiers qui peuvent se régler à court terme, des dossiers à moyen terme et puis des dossiers à plus long terme. Quand il faut questionner l’Europe, comment on fait les choses, ce sera toujours plus long, mais on ne lâchera rien. Comptez sur nous pour les revenus et nous laisser produire. Il faut nous laisser produire. La première vocation, c’est de nourrir la population française.
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