Loire Il y a 60 ans : comment Saint-Chamond a doublé sa population en quelques secondes

Miracle démographique ? Baby-boom tardif ? Rien de tout cela n’explique le soudain accroissement de la population observé, en ce printemps 1964, dans la commune couramiaude. L’explication réside davantage dans un jeu de découpage administratif qui trouve son achèvement au soir du vendredi 13 mars 1964. C’est à cette date qu’est officialisée la fusion de la ville de Saint-Chamond avec trois de ses communes voisines : Saint-Martin-en-Coailleux, Saint-Julien-en-Jarez et Izieux.

Ce fameux vendredi 13 sonne alors comme un jour de chance pour Saint-Chamond qui devient ainsi « la troisième capitale économique de la Loire » selon notre reporter Jean Tibi, dans La Tribune – Le Progrès du samedi 21 mars 1964.

Un choix devenu comme une évidence

Ce soir-là, on se masse à l’hôtel de ville pour l’élection du nouveau conseil municipal de la commune nouvelle. Sans surprise, c’est l’ex-ministre Antoine Pinay, alors président du conseil général de la Loire, qui est élu (30 voix sur 31 votants). Il avait été un des fervents artisans de cette fusion.

Une fusion que l’on surveille de près, jusqu’aux plus hauts sommets de l’État. À tel point que le préfet Francis de Graëve a même fait le déplacement pour assister au conseil municipal d’installation. « C’est un grand jour. C’est celui d’une naissance, et cela ne va pas sans émotion. Il y a beaucoup de naissances en France, mais ce n’est pas souvent que nous voyons naître une commune », devait déclarer le préfet devant les élus.

Dans La Tribune-Le Progrès du samedi 18 octobre 1969, après la fusion avec Saint-Victor-sur-Loire, un photomontage suggérait le nom de Saint-Etienne-sur-Loire. Photo archives La Tribune - Le Progrès

Historique des fusions de communes

En 1964, les fusions de communes étaient encore très rares sur la carte administrative de la Loire. Le seul précédent assez récent remontait à l’année 1959 : la commune de Chazeau avait alors fusionné avec Firminy.

Il fallait sinon remonter un siècle auparavant pour retrouver d’autres cas de fusion de communes, la dernière en date étant la disparition des communes de Beaubrun, Montaud, Outre-Furent et Valbenoîte, absorbées par Saint-Étienne en 1855.

Par la suite, en revanche, d’autres fusions auront lieu dans le département de la Loire : 

« Les communes sont les héritières des paroisses d’avant 1789. Elles se sont conservées au travers des décades dans leurs limites, pour leurs libertés, pour leur indépendance. Mais la démographie change bien des choses », indiquait aussi le préfet De Graëve. Il évoque ensuite la fusion des quatre communes comme « un acte de courage. Je sais qu’il existe un attachement sentimental à son ancienne commune. Nous savons ce que cela représente ». 

L’Horme avait refusé le mariage

Preuve de cet attachement, et pour ménager les réticences, les anciens maires d’Izieux, de Saint-Martin-en-Coailleux et de Saint-Julien-en-Jarez, les trois communes rayées de la carte administratives, ont été placées aux postes d’adjoint au maire de la commune nouvelle.

Pour autant, Antoine Pinay, nommé pour présider au destin de cette nouvelle grande commune, se veut lucide : « Saint-Chamond ne naît pas ! Saint-Chamond renaît », proclame-t-il devant l’assemblée. Une renaissance qui passe par de grand défis pour cette ville qui a bien failli être encore plus grande : la commune de L’Horme avait effectivement été pressentie pour intégrer cette fusion mais avait décliné la proposition. « L’Horme, conviée à la table de l’abondance, s’était récusée, préférant manger du pain sec chez soi plutôt que de la confiture chez les autres », écrit notre reporter Jean Tibi.

Le projet reviendra sur la table en 1970 : après le grand Saint-Chamond, on envisage alors de créer une « grande vallée du Gier » dans une union avec Châteauneuf, Rive-de-Gier, Lorette, La Grand-Croix et L’Horme. Mais l’esprit de clocher l’emportera cette fois et Saint-Chamond ne fera pas de nouvelles poussées de croissance.

Trois communes rayées de la carte

Pour former « le grand Saint-Chamond », ce sont trois communes qui ont finalement été rayées des cartes administratives. La plus grande d’entre elles était Izieux qui comptait alors 10 029 habitants (alors que Saint-Chamond recensait, au même moment, 17 256 âmes). Dans l’ordre démographique venait ensuite Saint-Julien-en-Jarez (5 253 habitants) et Saint-Martin-en-Coailleux, le Petit Poucet (4 051 habitants).

Soixante ans plus tard, ces noms ont quasiment disparu des mémoires collectives, ou n’évoquent a minima que des noms de quartiers d’une ville qui compte à présent 34870 habitants… alors qu’au moment de la fusion, on lui promettait d’atteindre le seuil de 60000 résidents en moins de dix ans.

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