Loire « Aujourd’hui, les revenus des agriculteurs sont plutôt mieux » : 70 installations recensées en 2025

, Loire « Aujourd’hui, les revenus des agriculteurs sont plutôt mieux » : 70 installations recensées en 2025

Comment avez-vous vécu cette première année à la tête de la Chambre d’agriculture ?

« C’est une année intense, que j’ai pu traverser grâce au travail de toute une équipe, aussi bien au niveau de la chambre d’agriculture que sur mon exploitation. Sans eux, je n’y arriverai pas. L’exercice de ce mandat, c’est beaucoup de réunions, beaucoup de présence et, au-delà, beaucoup de temps au téléphone. C’est encore beaucoup de sujets à traiter. Je suis passé de technicien à généraliste. De plus, le contexte général et syndical évolue. Les agriculteurs sont très en attente d’une chambre qui puisse les représenter. J’ai donc proposé une autre politique, avec une consultation de tous les syndicats agricoles de façon plus régulière. D’un autre côté, j’ai réaffirmé l’objectif, pour les six ans qui viennent, de rendre visite à tous les agriculteurs de la Loire. La chambre affirme ainsi sa volonté d’être à leurs côtés. »

Les quatre syndicats agricoles du département (FDSEA, JA, Confédération paysanne et Coordination rurale) ont dessiné une « charte de bonne conduite », en matière d’agrivoltaïsme, en juillet dernier. Ce projet est-il abouti ?

« Bertrand Palais s’est beaucoup investi sur ce dossier. Nous avons travaillé avec l’ensemble des professionnels représentatifs, un travail construit sur ce que l’on souhaite ou pas. On veut être plus pragmatique et réaliste par rapport à nos productions locales. On ne veut pas de grosses installations, mais des projets à vocation agricole. La difficulté est de juger ces projets. On doit travailler avec la DDT (Direction départementale de territoires) pour arbitrer ces projets, convaincre l’État local de suivre cette ligne pour rester réaliste par rapport à nos productions. Un premier essai a été tenté sur des vergers, avec un taux de couverture des parcelles de 40 % défini par le cadre réglementaire. Mais pour une production fruitière intéressante en dessous, il faut être sur un taux bien moindre. Sur de la prairie, on aura les mêmes effets. Il existe suffisamment de toitures et de surfaces polluées pour poser ces panneaux. Notre parti pris est de lancer des boucles d’autoconsommation collectives pour raisonner énergie, au sens noble du terme. »

La crise sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse a-t-elle été difficile à gérer ?

« Je me rappellerai longtemps cet appel de la préfète, le 18 septembre dernier. J’ai été marqué sur plusieurs plans. D’abord par la peur des éleveurs de perdre leurs troupeaux. Mais aussi par l’élan de solidarité qui caractérise le monde agricole. La forte mobilisation pour vacciner et protéger au plus vite les animaux. FDSEA et JA ont beaucoup œuvré pour fournir des moyens de contention. Et puis surtout, ici, on peut tous se parler et de ce fait, ça paye : on peut délivrer un message clair et être très transparent ».

L’eau, son partage, son stockage… Des problématiques qui reviennent sans cesse et sans solution ?

« C’est le travail à mener dans l’année qui vient pour proposer une feuille de route. On vit dans un département qui voit passer un des plus grands fleuves de France. On ne peut pas constamment regarder simplement l’eau qui passe. On stockerait l’équivalent d’une heure de ce qui passe dans le fleuve et notre problème serait réglé. Dans la Loire, seulement 7 % de la surface agricole utile (SAU) sont irrigués, pour 26 % dans la Drôme. Plusieurs grands projets structurants existent, comme une retenue sur la rive droite du fleuve, mais cela fait déjà douze ans, et rien n’avance. Un autre existe sur le Pilat, avec la capacité à ramener l’eau du Rhône, avec un enjeu important pour l’élevage et l’arboriculture. Il faut nous donner les moyens de vivre dignement de notre métier. On ne peut pas, d’un côté, prôner la souveraineté alimentaire de la France et, de l’autre, revenir à la binette pour cultiver. Ce n’est pas comme ça que l’on amènera des jeunes dans nos métiers. »

Justement, Raymond Vial, ancien président de la Chambre d’agriculture, se félicitait d’un département avec beaucoup d’installations de jeunes. Est-ce toujours le cas ?

« Il existe de nombreux établissements de formation dans le département, c’est un vivier pour l’agriculture de demain. Aujourd’hui, pour l’élevage, les revenus sont plutôt mieux, ça aide à générer des vocations. On a recensé 70 installations en 2025. Le foncier va se libérer avec les départs à la retraite. Par contre, il ne faut pas se tromper de message à faire passer et laisser penser aux jeunes que l’on ne gagne pas sa vie en agriculture. Oui, il existe des situations difficiles. La chambre est là pour les accompagner. Elles sont parfois liées à plusieurs raisons. Aujourd’hui, en élevage, mais aussi en productions maraîchères, ça va bien. Il faut juste raisonner les projets, avoir un investissement minimum. Et puis, depuis quatre ou cinq ans, on voit le salariat monter en puissance ».

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