Les vins de Loire reconstituent leurs stocks

Après des récoltes moins volumiques, celle de 2022 est revenue dans la moyenne en val de Loire. Les volumes sont préférentiellement orientés vers la reconstitution de stocks en tension, en particulier sur les fines bulles, ou les vins blancs tranquilles.

<!–

//–>

S

i elle n’a pas été exceptionnelle en volume, la récolte 2022 (quasiment 2 millions hl) est revenue à une relative normalité en val de Loire, malgré la sécheresse. Lors de la campagne achevée à l’été 2023, ces volumes ont permis de limiter une érosion des stocks engendrée par les faibles volumes de 2019 ou 2021 (gel), en les maintenant à 14 mois de moyenne (à hauteur de l’année précédente). Les disponibilités globales toutes couleurs restent néanmoins basses, juge l’interprofession des vins du Val de Loire, avec une préoccupation marquée pour les stocks de vins effervescents (qui n’atteignent que 25 mois) et leur bonne dynamique de vente, « alors que nous avons plutôt besoin de 36 mois… La bonne récolte 2023 va donc s’orienter vers une nécessaire reconstitution de ces stocks de fines bulles », explique Nicolas Emereau, président de la commission économie chez InterLoire. Christine Touron, présidente du syndicat régional des courtiers en vins et spiritueux du Val de Loire, avertit cependant des contraintes de trésorerie et d’espace que génèrent ce stockage des effervescents. « Il peut y avoir également de la prudence pour ne pas avoir une offre trop importante », valide-t-elle.

La situation générale est stable, mais les stocks de vins blancs plafonnent à 10 mois, « un niveau historiquement bas, en particulier au regard des besoins de la plus grosse AOC, Muscadet sur lies, qui doit patienter 6 mois avant commercialisation », glisse Nicolas Emereau. Sinon, les productions de sauvignon se sont maintenues mais « une partie du potentiel de production en chenin blanc a migré des vins tranquilles vers les effervescents, dans l’objectif de relever les stocks de ceux-ci, une tendance forte de cette campagne », ajoute le président de la commission économie chez InterLoire. Les orientations ne devraient pas changer et maintenir cet objectif de reconstitution des stocks de fines bulles au cours de la campagne actuelle. Les sorties de chais de vins blancs présentent des disparités, la vente directe connaissant quelques baisses, notamment en Muscadet, alors que les ventes au négoce progressent. « Les achats du négoce ont ainsi augmenté de 5%, vs 2022, pour alimenter ces besoins de reconstitution de stocks, portés par les effervescents (+34%) et les vins blancs (+16%) », situe d’ailleurs Fanny Gautier, responsable du service économie d’InterLoire. Christine Touron ajoute que la demande est très dynamique pour les vins blancs, entraînant mécaniquement une tension sur les volumes.

, Les vins de Loire reconstituent leurs stocks

Des profils de vins rouges plaisir adaptés à la demande

, Les vins de Loire reconstituent leurs stocks

Les stocks de vins rouges se stabilisent également, à 17 mois, et Nicolas Emereau rappelle au passage que le vignoble d’Anjou-Saumur représente 66% des cépages rouges de la région. Les sorties de chais y sont en recul, « en lien avec une baisse des ventes directes qui touche la plupart des appellations », précise l’interprofession. Limitée en Anjou (-3%), la baisse est plus marquée pour Saumur (-24 %) et Saumur-Champigny (-15 %), chez qui les ventes au négoce diminuent également de 25 %. « Compte tenu des tendances de consommation sur les vins rouges, la commission de mise en marché-prospective d’InterLoire s’attache à un travail sur un plan de 5 à 10 ans entre production et négoce, pour s’adapter aux évolutions de cette consommation », ajoute Nicolas Emereau. La valorisation de ces vins rouges s’est néanmoins maintenue sur le vrac, « et même augmenté pour les appellations le plus connues », précise Christine Touron. La courtière n’est pas particulièrement inquiète des stocks de vins rouges, qui peuvent concerner plusieurs millésimes. « Tant que les viticulteurs maintiennent des profils de vins rouges plaisir adaptés à la demande, ça continue de fonctionner », valide-t-elle.

Les sorties de chais de vins rosés ont baissé de 15 % lors de cette dernière campagne. « Le marché se tasse, à la fois impacté par le manque de bouteilles blanches et les disponibilités moindres en lien avec les productions de rosé de 2022 et 21 inférieures à la moyenne quinquennale », situe Nicolas Emereau. Là encore, le pilotage de production s’est orienté prioritairement vers les besoins en bulles, alors que la valorisation des rosés en vrac est également en diminution.

A lire aussi

Retard rattrapé, et dépassé

« Les bulles sont un facteur de direction de l’économie », valide le président de la commission économie d’InterLoire. Pourtant, l’après-Covid a été difficile pour ces effervescents ligériens, mais depuis, la constante progression a fait plus que rattraper ce retard pandémique (+19 % des sorties de chai pour la campagne 22-23). Elle est restée importante en France (+8 %) lors de la campagne, alors qu’il y a une légère baisse (-2 %) des volumes exportés de l’AOP Crémant de Loire, la plus exportée du vignoble. L’Allemagne reste le 1er marché pour ces bulles ligériennes avec une croissance ininterrompue des volumes, sauf en 2023 en raison du manque de disponibilités, devant le Royaume-Uni puis les US. « Il s’écoule 6 000 hl/an de Crémant de Loire en Allemagne, en hausse régulière de 5 à 6 %, avec une valorisation unitaire qui s’accroît également, ce qui a permis de compenser le ralentissement volumique de 2023 », précise Nicolas Emereau.

Les volumes de la récolte 2023 vont suivre la tendance de reconstitution des stocks engagée lors de la campagne achevée, Nicolas Emereau précisant que « 17 à 20 % seront ventilés vers les effervescents, 40 % vers les vins blancs, 25-30 % vers les vins rosés, et 15 à 20 % vers les vins rouges ». Les trois premiers mois de cette nouvelle campagne confirment des achats de moûts et raisins importants, « l’activité a augmenté de +5 % pour les volumes par rapport à N-1 », valide Fanny Gautier. Christine Touron, présidente du syndicat régional des courtiers en vins et spiritueux du Val de Loire, ajoute que les difficultés de maturité de l’année ont pu orienter des producteurs en faveur de vins de bases fines bulles.

 

La fonction de ecoparc-sologne.fr étant de collecter sur le web des articles sur le sujet de Les Affaires en Sologne puis les diffuser en répondant au mieux aux interrogations des personnes. L’équipe ecoparc-sologne.fr vous soumet cet article qui parle du sujet « Les Affaires en Sologne ». Cette chronique a été reproduite du mieux possible. Vous avez la possibilité d’écrire en utilisant les coordonnées fournies sur le site pour apporter des explications sur cet article qui traite du thème « Les Affaires en Sologne ». En consultant régulièrement nos contenus de blog vous serez informé des futures parutions.