Les agriculteurs de Haute-Loire réclament la simplification face aux aberrations

, Les agriculteurs de Haute-Loire réclament la simplification face aux aberrations

La chambre d’agriculture de Haute-Loire adopte une motion pour réclamer une simplification et pointe du doigt de nombreuses aberrations.

Préserver la souveraineté agricole et alimentaire, mieux reconnaître le métier d’agriculteur, redonner du revenu à ceux-ci, protéger contre la concurrence déloyale et simplifier la vie des exploitants : les annonces du Premier ministre le mois dernier sont partagées par le réseau des chambres d’agricultures qui a fait « remonter » plus de 2.000 propositions.

La « simplification » ou « débureaucratisation » de la profession était affichée au menu de la session de la chambre d’agriculture de la Haute-Loire qui s’est tenue vendredi au Puy, en présence du préfet, Yvan Cordier. Le représentant de l’État doit à nouveau rencontrer la profession le 16 avril et faire de nouvelles propositions.

Vers un report de la taille des haies

Sur l’un des sujets brûlants, l’intervention sur les haies, le préfet a d’ailleurs été saisi par la FDSEA qui demande un report de la taille butoir qui s’achevait au 16 mars. Report au 16 avril. Les précipitations importantes ont du reste rendu impossible toute taille ces derniers jours. La préfecture invite les agriculteurs concernés à faire une déclaration auprès de la Direction des territoires pour se couvrir en cas de non-respect des règles liées à la PAC.

« Il y a urgence de venir en aide aux producteurs bio » insiste un producteur qui pointe du doigt une « aberration » : devoir déposer un dossier d’aide avant le 19 avril et apporter la preuve d’une baisse d’exercice brut d’exploitation sur une comptabilité se terminant au 31 mai ! Ou du moins établir un prévisionnel.
Sur 15 % d’agriculteurs en bio en Haute-Loire, seulement 5 % auraient pu prétendre à des aides dans le dernier « Plan bio » : Yannick Fialip estime injuste une telle situation. « Il convient, dit-il, de retrouver un peu de souplesse dans la gestion des enveloppes ».

De la « souplesse » est aussi réclamée quant aux interventions de l’Office français de la biodiversité (OFB). Pourquoi autant de contrôles, y compris le dimanche chez un exploitant qui nettoyait sa retenue collinaire (le cas était évoqué en session). L’agent de l’OFB voulant sans doute s’assurer que l’agriculteur ne procédait pas à des travaux d’agrandissement. Et pourquoi des visites d’agents armés ? Les agriculteurs n’apprécient pas du tout d’être pris pour des délinquants. « Cette question porte atteinte à la dignité du métier », ajoute Yannick Fialip.

D’autres « aberrations » sont soulevées comme l’impossibilité de récupérer de l’eau au-delà du 31 mars pour alimenter les retenues collinaires (alors qu’elle est si abondante en cette période). Et que dire des dates d’épandage en zones vulnérables « difficilement compréhensibles ». Le plan « phyto » très contraignant viendrait quant à lui pénaliser les plus petites parcelles, du moins celles qui disposent de haies. Les règles sont de surcroît différentes entre deux produits identiques. Pour les bâtiments agricoles, les délais d’instruction des permis de construire ont tendance à s’allonger. Les candidats doivent justifier l’utilisation des bâtiments et jusqu’au devenir des eaux de toiture.

« Effrayants »  les justificatifs !

Yvan Cordier se dit « à l’écoute » des agriculteurs tout en plaidant « la nécessité des contrôles » dès lors que de l’argent public est en jeu mais en reconnaissant qu’il était « effrayant » pour un éleveur ovin victime de la prédation du loup de devoir fournir vingt pièces justificatives ! Le cas soulevé en Haute-Loire est remonté jusqu’aux oreilles de la préfète de région qui à son tour en a fait part à Paris. 52 % des 67 engagements de l’État auraient été réalisés selon le préfet. Autrement dit, les choses avancent. Le principe du contrôle unique a été acté sur un plan administratif. 

Dans le monde agricole d’aucuns souhaiteraient qu’il soit davantage tenu compte des pratiques locales comme avant que la PAC ne prenne autant de place, autrement dit de revenir « au bon sens paysan ».

Philippe Suc

L’avis défavorable de la chambre à la création d’un élevage de sangliers

Les élus de la chambre d’agriculture ont adopté en session une motion contre le projet qu’ils décrivent comme étant la création d’un élevage de sangliers sur les coteaux de la commune de Vorez-sur-Arzon. Le projet pourrait s’apparenter à un parc d’entraînement pour les chiens (il a été présenté comme tel au départ). Dans tous les cas, il s’agit bien d’un élevage.

La chambre était invitée à donner son avis avant le 3 avril. La profession agricole estime que le développement des populations de sangliers est déjà bien trop important, qu’un tel projet ferait courir des risques sanitaires aux élevages porcins (peste porcine africaine, maladie d’Aujeszky). « La topographie du lieu d’implantation de l’élevage comporte de fortes pentes ainsi que des rochers, entraînant une impossibilité de rendre étanche une clôture aux normes de biosécurité », indique le texte de la motion.

Parmi les membres de la chambre, d’aucuns n’hésitent pas par ailleurs à évoquer ouvertement la mésentente avec les instances de la chasse dans le département, les désaccords en matière de gestion de la faune sauvage, et d’indemnisation des dégâts. Il deviendrait selon eux de plus en plus difficile de s’entendre sur des chiffres de prélèvements.

La fonction de ecoparc-sologne.fr étant de collecter sur le web des articles sur le sujet de Les Affaires en Sologne puis les diffuser en répondant au mieux aux interrogations des personnes. L’équipe ecoparc-sologne.fr vous soumet cet article qui parle du sujet « Les Affaires en Sologne ». Cette chronique a été reproduite du mieux possible. Vous avez la possibilité d’écrire en utilisant les coordonnées fournies sur le site pour apporter des explications sur cet article qui traite du thème « Les Affaires en Sologne ». En consultant régulièrement nos contenus de blog vous serez informé des futures parutions.