
Alors que des milliers d’arbres ont été abattus dans cette forêt de Haute-Loire pour y accueillir une zone industrielle, le projet vient de perdre son autorisation préfectorale. Une douche froide pour la Communauté de communes Loire-Semène qui porte ce dossier depuis près de dix ans.
À deux reprises, les deux associations écologistes FNE 43 et Sauvegarde environnement avaient tenté de faire stopper ce projet de création d’une zone industrielle au cœur de la forêt de Bramard, sur la commune de Saint-Didier-en-Velay. La troisième est enfin la bonne. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand vient d’annuler l’autorisation préfectorale du projet, alors que près de 11 hectares de forêt et zones humides ont déjà été rasés (lire notre précédente édition).
« Jamais cette zone n’aurait dû être envisagée »
Les opposants à la zone d’activités de Bramard relèvent plusieurs points dans la décision de la juridiction puydomoise. Notamment que le projet ne répond pas à une « raison impérative d’intérêt public majeur, qu’il existait des alternatives moins impactantes pour l’environnement et que le défrichement du site a porté atteinte aux fonctions écologiques des zones humides ».
Le chantier se trouve désormais à l’arrêt, au grand dam de la Communauté de communes Loire-Semène qui travaille depuis près de dix ans sur ce projet d’envergure afin d’accueillir des entreprises sur son territoire. « Au-delà de la déception, c’est une catastrophe économique qui s’annonce, selon Frédéric Girodet, président de la collectivité. Car cette décision est censée faire jurisprudence et pourrait faire tomber plusieurs arrêtés de projets en constitution dans le département. Apparemment, nos entreprises ne doivent pas être assez “sexy”… On a des locaux qui veulent se développer et on nous dit “Non, il n’y a pas d’intérêt public majeur”. Nous avons traité toutes nos friches et on ne peut plus faire de zone d’activités, donc nos entreprises sont soit vouées à péricliter et mourir, soit à partir loin dans les villes. Les sociétés qui avaient prévu de s’installer sur la zone industrielle sont catastrophées ».
Le président de la Communauté de communes Loire-Semène compte bien faire appel de cette décision. En attendant, la situation est bloquée tant du côté de la collectivité, qui doit stopper ses travaux, que du côté des opposants qui se retrouvent avec une forêt amputée.
« C’est une grande victoire pour nous mais surtout une application de la justice, se félicite Christine Gouyet du collectif du Bois de Bramard. Jamais cette zone n’aurait dû être envisagée. Nous regrettons toutefois que le tribunal n’ait pas ordonné à la communauté de communes de remettre le site en état. Comme si laisser les souches en place suffisait pour que l’écosystème de la forêt se régénère. »
Pour autant, selon elle, « cette décision envoie un message clair aux porteurs de projets : l’emploi oui, mais pas à n’importe quel prix. On ne nie pas que les entreprises doivent se développer mais il existe d’autres endroits plus appropriés. Les zones humides sont primordiales pour les autorités aujourd’hui. Il faut désormais trouver une solution adaptée pour remplacer les 4.000 arbres abattus. »
Christophe Coffy
La fonction de ecoparc-sologne.fr étant de collecter sur le web des articles sur le sujet de Les Affaires en Sologne puis les diffuser en répondant au mieux aux interrogations des personnes. L’équipe ecoparc-sologne.fr vous soumet cet article qui parle du sujet « Les Affaires en Sologne ». Cette chronique a été reproduite du mieux possible. Vous avez la possibilité d’écrire en utilisant les coordonnées fournies sur le site pour apporter des explications sur cet article qui traite du thème « Les Affaires en Sologne ». En consultant régulièrement nos contenus de blog vous serez informé des futures parutions.
